Depuis début 2025, Epsens a officiellement changé d’enseigne pour devenir Malakoff Humanis Épargne. Pour les dirigeants de TPE-PME qui découvrent l’épargne salariale sous la pression de la loi partage de la valeur, ce flou entre deux noms de marque complique un choix déjà technique. L’offre Epsens épargne salariale, rebaptisée mais structurellement identique, reste l’une des rares conçues spécifiquement pour les très petites structures.
Comprendre ce qu’elle propose vraiment, ses limites et son positionnement face aux alternatives digitales permet d’éviter un choix par défaut.
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Epsens devenu Malakoff Humanis Épargne : ce que le changement de marque implique concrètement
Le passage d’Epsens à Malakoff Humanis Épargne n’est pas une fusion ou un rachat. Epsens était déjà une filiale du groupe Malakoff Humanis. Le changement porte sur l’identité commerciale, la gamme de fonds et l’interface de gestion, pas sur l’entité juridique qui porte les contrats.
Pour un dirigeant ayant souscrit un PEI ou un PER collectif via l’offre « L’Essentiel par Epsens », les contrats existants restent actifs sans interruption de service. Les accès en ligne migrent progressivement vers la plateforme Malakoff Humanis Épargne. Les FCPE (fonds communs de placement d’entreprise) disponibles peuvent évoluer, avec un élargissement de la gamme de gestion pilotée.
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Ce point mérite attention : un changement de gamme de fonds peut modifier les profils de risque proposés aux salariés. Un dirigeant qui avait choisi l’offre Epsens pour sa simplicité a intérêt à vérifier que les supports d’investissement par défaut correspondent toujours à la politique souhaitée.

Offre packagée TPE-PME : comment fonctionne la mise en place sans DRH
L’offre historique d’Epsens, aujourd’hui portée par Malakoff Humanis Épargne, a été pensée dès l’origine pour des entreprises sans service RH dédié. C’est son principal argument face aux grands teneurs de compte comme Amundi ou Natixis, dont les offres standard visent d’abord les entreprises de taille intermédiaire ou les grands comptes.
Le dispositif repose sur un PEI (plan d’épargne interentreprises) couplé à un PER collectif. Le PEI mutualise les obligations juridiques entre plusieurs entreprises adhérentes, ce qui évite au dirigeant de négocier un accord d’entreprise spécifique. La souscription suit un parcours standardisé :
- Adhésion au PEI existant via un bulletin simplifié, sans rédaction d’accord d’entreprise ni consultation obligatoire du CSE pour les structures de moins de onze salariés
- Choix entre deux ou trois profils de gestion pilotée préconfigurés, avec une option de gestion libre pour les salariés qui le souhaitent
- Paramétrage de l’abondement par le dirigeant, avec un plafond et des règles de déclenchement définis lors de l’adhésion
- Mise à disposition d’un espace en ligne pour les salariés, avec relevés de situation et demandes de déblocage anticipé
Cette standardisation a un coût : la personnalisation reste limitée par rapport à un PEE dédié. Un dirigeant qui souhaite un accord d’intéressement sur mesure, avec des critères de performance spécifiques à son activité, devra passer par un accompagnement complémentaire ou envisager un autre prestataire.
Épargne salariale TPE-PME : Epsens face aux plateformes 100 % digitales
Le segment des TPE-PME attire désormais des acteurs qui misent sur l’autonomie totale du dirigeant. Des solutions comme Fast’Amundi proposent une souscription entièrement en ligne, sans intermédiaire ni rendez-vous conseiller. Le parcours est conçu pour qu’un dirigeant ouvre un PEE ou un PER collectif en quelques jours, avec signature électronique et paramétrage guidé.
Malakoff Humanis Épargne conserve un positionnement hybride : plateforme digitale couplée à un accompagnement humain. Le dirigeant dispose d’un interlocuteur pour les questions réglementaires, le paramétrage du forfait social ou le choix entre intéressement et participation. Ce modèle rassure les dirigeants peu familiers du sujet, mais il allonge les délais de mise en place par rapport à une solution purement digitale.
Critères de choix entre les deux approches
Le choix dépend du niveau d’autonomie du dirigeant et de la complexité souhaitée. Une entreprise de trois salariés qui veut simplement verser un abondement sur un PEE n’a pas les mêmes besoins qu’une PME de quarante personnes soumise à l’obligation de partage de la valeur et cherchant à combiner intéressement, participation et PPV (prime de partage de la valeur).
En revanche, sur les frais de gestion, les données disponibles ne permettent pas de conclure à un avantage net de l’un ou l’autre modèle. Les grilles tarifaires varient selon le nombre de salariés, le montant des encours et les options retenues. Un comparatif pertinent suppose de demander des devis personnalisés à plusieurs acteurs.
Forfait social et exonérations : ce que la loi partage de la valeur change pour le coût réel
La loi partage de la valeur, entrée en vigueur en janvier 2025, impose aux entreprises de onze à quarante-neuf salariés (sous conditions de bénéfice) de mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Les options incluent l’intéressement, la participation, l’abondement sur PEE ou PER collectif, ou la PPV.
Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, l’intéressement est exonéré de forfait social. C’est un avantage significatif par rapport à l’abondement, qui reste soumis au forfait social dans certains cas. Ce paramètre fiscal pèse directement sur le coût réel du dispositif pour l’entreprise.
L’intéressement suppose de définir des critères de déclenchement liés aux résultats ou à la performance, avec un accord spécifique. L’abondement, lui, fonctionne comme un complément automatique aux versements volontaires du salarié, sans critère de performance.
Pour un dirigeant qui souhaite récompenser la performance collective, l’intéressement reste l’outil adapté. Pour fidéliser sans lier la prime aux résultats, l’abondement sur PEE ou PER collectif via l’offre Malakoff Humanis Épargne répond au besoin.

Le passage d’Epsens à Malakoff Humanis Épargne ne modifie pas la logique de l’offre, mais il redistribue les cartes sur la gamme de fonds et l’ergonomie. Pour une TPE-PME nouvellement concernée par l’obligation de partage de la valeur, le vrai arbitrage porte sur trois paramètres : le niveau d’accompagnement nécessaire, le dispositif fiscal le plus avantageux entre intéressement et abondement, et la capacité à obtenir des devis comparables avant de s’engager.

