Une AESH débutante sous contrat de 24 heures par semaine perçoit environ 910 euros net par mois. Ce montant correspond à une quotité de travail de 62 % appliquée à la grille indiciaire de l’Éducation nationale. Le décalage entre le volume horaire réel d’accompagnement et le traitement versé constitue le noeud du problème salarial pour la majorité des accompagnants d’élèves en situation de handicap.
AESH à 24h : pourquoi le traitement reste collé au SMIC
La rémunération d’une AESH repose sur un indice majoré, multiplié par la valeur du point d’indice de la fonction publique. Pour un contrat de 24 heures hebdomadaires, ce traitement brut est ensuite réduit à 62 % du temps plein.
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Le problème se concentre sur les premiers échelons de la grille. Selon le SNALC, en juin 2026, les AESH aux échelons 1 et 2 ont perçu une indemnité différentielle SMIC sur leur fiche de paie. Cette indemnité compense l’écart quand le traitement indiciaire passe sous le minimum légal. Autrement dit, la grille ne protège plus : c’est le SMIC qui fixe le plancher.
À l’échelon 3, la situation n’est guère meilleure. Toujours d’après le SNALC, le traitement brut à l’indice majoré 380 ne dépasse le SMIC que de 2,25 euros pour une quotité de 62 %. Un écart aussi mince signifie que la moindre revalorisation du SMIC efface l’avantage acquis par l’ancienneté.
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Ce phénomène de déclassement salarial change la lecture du parcours AESH. La progression indiciaire, censée récompenser l’expérience, ne produit un écart tangible avec le minimum légal qu’après plusieurs années de service. Avant cela, un agent rémunéré à l’indice et un salarié au SMIC touchent quasiment la même somme nette.
Grille indiciaire AESH et calcul du salaire net à 24 heures
La grille comporte 11 échelons gravis automatiquement avec l’ancienneté, à raison d’un échelon tous les trois ans environ. Chaque échelon correspond à un indice majoré qui détermine le traitement brut mensuel à temps plein. Pour obtenir le montant à 24 heures, on applique le coefficient de 62 %.
Le passage du brut au net suit les mêmes règles que pour tout agent contractuel de l’Éducation nationale. Les cotisations sociales (IRCANTEC, CSG, CRDS) réduisent le traitement brut d’environ 20 %. Pour une AESH débutante à 24 heures, cela donne un traitement brut mensuel d’environ 1 132 euros et un net estimé autour de 910 euros.
Ce calcul n’intègre ni les primes ni l’indemnité de résidence, qui varient selon la zone géographique d’affectation.
Indemnité de fonction AESH : un complément réel mais plafonné
Depuis 2023, les AESH perçoivent une indemnité de fonction mensualisée. Son montant brut annuel est de 1 529 euros pour un temps plein. À 62 %, l’indemnité tombe à environ 950 euros brut par an, soit une augmentation nette mensuelle modeste.
D’autres compléments peuvent s’ajouter selon le contexte :
- L’indemnité REP ou REP+ pour les agents affectés en éducation prioritaire, versée au prorata de la quotité de travail.
- Le supplément familial de traitement, accessible dès le premier enfant à charge, dont le montant varie selon la composition du foyer.
- L’indemnité de résidence, qui dépend de la zone géographique (trois zones, de 0 % à 3 % du traitement brut).
Même cumulés, ces compléments ne transforment pas la fiche de paie. Ils améliorent le revenu de quelques dizaines d’euros par mois. L’architecture de la rémunération AESH reste fondamentalement contrainte par la quotité horaire.
Passer de 24h à un revenu décent : les leviers concrets
Le levier principal n’est pas la prime mais le volume horaire. Obtenir un contrat à quotité supérieure, quand les notifications MDPH et l’organisation du PIAL le permettent, augmente mécaniquement le traitement indiciaire et toutes les indemnités associées.
L’ancienneté reste le second levier. Le passage en CDI intervient automatiquement après trois ans de CDD, ce qui sécurise le poste sans modifier directement la rémunération. La progression dans la grille, elle, produit un effet salarial visible à partir du quatrième ou cinquième échelon, quand le traitement s’éloigne enfin du plancher SMIC.
Certaines AESH complètent leur temps de travail par des missions connexes au sein de l’établissement (surveillance, accompagnement périscolaire) lorsque le contrat et le rectorat le permettent. Ces heures supplémentaires ne relèvent pas de la grille indiciaire mais constituent un apport complémentaire.

Enfin, la formation continue qualifiante ouvre des passerelles vers d’autres métiers de l’accompagnement ou de l’éducation. Plusieurs syndicats, dont le SNES-FSU, revendiquent un statut de fonctionnaire de catégorie B avec une rémunération calculée sur la base de 24 heures d’accompagnement reconnues comme temps plein. Cette revendication traduit un constat partagé : le cadre contractuel actuel ne permet pas de transformer un 24 heures en revenu autonome.
Revendications syndicales AESH : vers un statut à temps plein
Le débat dépasse la question du montant mensuel. Les organisations syndicales formulent trois exigences principales :
- Un statut de fonctionnaire de catégorie B, qui garantirait une grille salariale plus favorable et des droits alignés sur ceux des autres agents de l’Éducation nationale.
- Une reconnaissance des 24 heures d’accompagnement élève comme base de rémunération à temps plein, ce qui supprimerait le coefficient de 62 % appliqué au traitement.
- Une formation initiale et continue qualifiante, reconnue dans le parcours professionnel et ouvrant droit à des progressions de carrière distinctes de la seule ancienneté.
Ces propositions changeraient la donne : si 24 heures d’accompagnement valaient un temps plein, le traitement brut d’un échelon 1 passerait d’environ 1 132 euros à la totalité du traitement indiciaire. Le net mensuel franchirait alors un seuil qui rendrait le métier viable sans activité complémentaire.
Le salaire AESH à 24 heures reste structurellement bas parce que le contrat reflète une quotité partielle et non la charge réelle du métier. Tant que le cadre réglementaire maintient cette logique, les marges d’amélioration individuelles se limitent à l’ancienneté, aux indemnités et à l’augmentation de la quotité horaire.

