L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) repose sur un principe simple : la durée d’indemnisation dépend du nombre de jours travaillés avant la perte d’emploi. Mais le calcul réel mêle périodes de référence, jours calendaires et plafonds variables selon l’âge. Comprendre chaque étape permet d’anticiper précisément ses droits.
Période de référence et condition minimale d’affiliation
Le point de départ du calcul, c’est la période de référence. France Travail examine les 24 derniers mois précédant la fin du contrat de travail pour les salariés de moins de 55 ans, et les 36 derniers mois pour ceux de 55 ans et plus.
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À l’intérieur de cette fenêtre, il faut justifier d’au moins 130 jours travaillés ou 910 heures de travail. En dessous de ce seuil, aucun droit à l’ARE ne s’ouvre, quel que soit le motif de rupture du contrat.
Tous les types de contrat comptent : CDI, CDD, intérim, contrat saisonnier. Ce qui importe, c’est que ces emplois aient donné lieu à des cotisations d’assurance chômage.
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Calcul en jours calendaires : ce que France Travail comptabilise vraiment
Une confusion fréquente porte sur la nature des jours pris en compte. La durée d’indemnisation ne correspond pas aux seuls jours effectivement travaillés. Elle est égale au nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat identifié dans la période de référence et la date de fin du dernier contrat.
Concrètement, les week-ends, jours fériés et périodes d’intercontrat situés entre deux missions sont inclus dans le décompte. Un salarié qui a travaillé six mois en CDD, puis connu un mois sans emploi avant un second CDD de quatre mois, verra ces onze mois calendaires entiers comptabilisés.

Certaines périodes sont toutefois neutralisées et retirées du calcul :
- Les arrêts maladie de longue durée, les congés maternité et les périodes d’activité partielle peuvent faire l’objet d’un traitement spécifique (reconstitution de salaire ou exclusion du décompte selon les cas).
- Les périodes de formation non rémunérées par l’employeur sont généralement exclues de la période de référence.
- Les contrats à l’étranger hors Union européenne ne sont pas pris en compte, sauf convention bilatérale.
Ce mécanisme en jours calendaires explique pourquoi deux personnes ayant travaillé le même nombre d’heures peuvent obtenir des durées d’indemnisation différentes selon l’espacement de leurs contrats.
Plafonds d’indemnisation selon l’âge du demandeur
La durée obtenue par le calcul calendaire est ensuite plafonnée. Les seuils varient selon l’âge à la date de fin de contrat :
- Moins de 55 ans : la durée maximale d’indemnisation est de 18 mois.
- De 55 ans et plus : le plafond monte à 22,5 mois, et peut atteindre 27 mois dans certains cas liés à l’ancienneté d’affiliation.
La durée minimale, elle, s’établit à 182 jours calendaires (environ six mois), à condition de remplir la condition d’affiliation de 130 jours travaillés.
Un coefficient de dégressivité peut s’appliquer dans certaines configurations. La réglementation évolue régulièrement sur ce point, et les règles en vigueur dépendent de la date de fin du contrat de travail. Pour les fins de contrat à compter du 1er avril 2025, les nouvelles dispositions s’appliquent.
Rupture conventionnelle : une durée d’indemnisation bientôt réduite
La plupart des guides sur l’ARE traitent la durée d’indemnisation comme un bloc uniforme, quel que soit le motif de rupture. Ce ne sera plus le cas à partir du 1er septembre 2026 pour les ruptures conventionnelles individuelles.
Cette réforme ciblée abaisse les plafonds spécifiquement pour ce motif de départ. En France métropolitaine, la durée maximale passera à 15 mois pour les moins de 55 ans (contre 18 mois dans le régime général) et à 20,5 mois pour les 55 ans et plus.
Dans les départements d’Outre-mer (hors Mayotte), les plafonds seront fixés à 20 mois pour les moins de 55 ans et 30 mois pour les 55 ans et plus.
Cette distinction selon le motif de rupture change la donne pour les salariés qui envisagent une rupture conventionnelle plutôt qu’une démission suivie d’un projet de reconversion. Le calcul de la durée d’indemnisation dépendra désormais aussi du motif de fin de contrat, pas seulement de la durée d’affiliation.
Salaire journalier de référence et montant de l’ARE
La durée d’indemnisation fixe la période pendant laquelle l’allocation est versée. Le montant, lui, dépend du salaire journalier de référence (SJR).
Le SJR est calculé à partir des rémunérations brutes perçues sur les 24 ou 36 derniers mois. Les périodes de congé maternité, paternité, arrêt maladie et activité partielle sont prises en compte via un mécanisme de reconstitution : France Travail estime le salaire qui aurait été versé en l’absence de suspension du contrat.
L’allocation journalière correspond ensuite à un pourcentage du SJR. Le calcul retient la formule la plus favorable entre deux modes de calcul réglementaires. Des retenues sociales (CSG, CRDS) s’appliquent sur le montant brut de l’ARE pour donner le montant net versé.

Durée d’affiliation, jours calendaires, plafonds par tranche d’âge, motif de rupture à partir de 2026 : chaque paramètre modifie le résultat final. Avant toute démarche, rassembler ses bulletins de paie et attestations employeur reste le moyen le plus fiable de vérifier le calcul effectué par France Travail.

