En 2020, plusieurs fonds cotés en Bourse américains ont brièvement affiché une valeur liquidative négative sur certains segments obligataires. Une liquidation d’ETF a déjà été observée lors de crises de liquidité, entraînant la dissolution du fonds et le remboursement des investisseurs à une valeur parfois inférieure à celle du marché.
La réglementation UCITS limite la concentration par émetteur à 20 % pour les ETF européens, mais certains véhicules synthétiques exposent encore les porteurs à un risque de contrepartie bancaire. Les mécanismes de protection diffèrent selon la structure et la juridiction de l’ETF, modifiant la nature du risque pour chaque investisseur.
Comprendre les ETF : fonctionnement, atouts et limites
Les ETF, ou exchange traded funds, ont conquis leur place sur les marchés financiers. Leur principe : ils reproduisent la performance d’un indice de référence, comme le S&P 500, le Nasdaq ou le MSCI World. Un ETF, souvent appelé tracker, détient dans son portefeuille une sélection d’actions ou d’obligations qui composent l’indice ciblé. Cette gestion passive attire pour sa clarté comme pour ses frais modérés.
Les mastodontes du secteur, à l’image de Blackrock (via iShares), Vanguard, Amundi et Lyxor, dominent un univers où la liquidité règne. Sur Euronext Paris, les volumes liés aux trackers ETF dépassent régulièrement ceux de certaines actions individuelles. Les UCITS ETF bénéficient d’un cadre réglementaire strict, qui rassure autant les particuliers que les institutionnels.
Mais rien n’est jamais entièrement simple. Certains ETF, en optant pour une réplication synthétique par le biais de swaps, font peser sur le portefeuille un risque de contrepartie. Les ETF physiques, eux, achètent réellement les actifs, réduisant ce risque, mais pas celui du marché ou de la liquidité. Quant à la diversification, souvent citée comme atout, elle dépend largement de l’indice choisi : un ETF sectoriel reste fragile face à un choc ciblé.
Voici les principaux points à garder en tête pour saisir l’utilité et les limites des ETF :
- Performance : étroitement liée à la qualité de la réplication de l’indice visé.
- Gestion : même si elle est passive, le choix de l’indice et des frais a son importance.
- Limites : risque de tracking error, liquidité inégale selon le marché, et dépendance envers la solidité de l’émetteur.
Le succès des ETF ne doit pas masquer ce constat : sous leur apparente simplicité, ils comportent leur lot de risques, surtout lorsque les marchés s’emballent ou traversent des turbulences.
Risque de faillite des ETF : mythe ou menace réelle pour les investisseurs ?
La question du risque de faillite des ETF revient régulièrement dans les discussions financières. Est-ce un simple épouvantail agité par prudence, ou une vraie source de danger ? Les ETF, qu’ils reposent sur des actifs physiques ou sur des produits dérivés, présentent plusieurs risques à ne pas négliger. Leur architecture est censée limiter le risque de défaut : si l’émetteur disparaît, le portefeuille sous-jacent, souvent isolé sur le plan juridique, protège en théorie les détenteurs de parts. Mais la réalité s’avère plus nuancée.
Le risque de contrepartie se concentre notamment sur les ETF à réplication synthétique. Dans ce cas, le gestionnaire s’appuie sur des contrats d’échange avec différentes banques. Si l’une d’elles venait à faire défaut, les investisseurs pourraient encaisser une perte. L’encadrement réglementaire UCITS limite l’ampleur de ce risque, mais il ne supprime pas totalement la possibilité d’un incident. Côté ETF physiques, le risque de marché demeure : chute brutale de la valeur des actifs, volatilité extrême, ou retraits massifs des investisseurs en période de crise.
Il faut aussi se pencher sur la liquidité. Pour les grandes capitalisations, sortir d’un ETF ne pose généralement pas de problème. Mais sur des segments étroits, ETF sectoriels, marchés émergents ou thématiques, le risque de liquidité se matérialise parfois par des écarts de prix marqués, voire une suspension temporaire de la cotation.
L’histoire récente, avec le krach de mars 2020, a rappelé que même les produits réputés liquides ne sont pas immunisés contre un blocage ponctuel. Imaginez la chaîne : un teneur de marché en difficulté, une vague de rachats, et la machine bien rodée des ETF connaît un sérieux coup d’arrêt. Les gérants, de Blackrock à Vanguard en passant par Amundi, ont renforcé leurs dispositifs de contrôle, mais personne n’a encore trouvé la formule magique pour effacer tout risque.
Quels critères privilégier pour choisir un ETF en toute confiance ?
Face à l’abondance des ETF sur le marché, certains critères permettent d’opérer une sélection avisée. Commencez par la qualité de la société de gestion : les acteurs majeurs comme Blackrock, Vanguard, Amundi ou Lyxor affichent une expérience reconnue, un suivi strict des autorités (AMF, ESMA) et des processus éprouvés. Le choix de l’émetteur d’ETF compte : privilégiez ceux qui gèrent des volumes conséquents sur les indices phares (S&P 500, MSCI World).
La structure du produit joue un rôle déterminant : entre réplication physique et réplication synthétique, la première offre une meilleure transparence car le fonds détient réellement les titres. Les ETF synthétiques, construits sur des contrats dérivés, exposent davantage au risque de contrepartie, même si les règles UCITS fixent des limites.
Les frais de gestion méritent une attention particulière. Sur le long terme, même des différences minimes peuvent éroder une belle performance. Ne négligez pas non plus la liquidité : des volumes d’échange élevés assurent généralement des écarts de prix réduits entre acheteur et vendeur.
Pour vous orienter dans ce foisonnement d’ETF, voici les caractéristiques incontournables à examiner :
- Adossement à un indice boursier reconnu (MSCI World, S&P 500, Nasdaq)
- Respect du label UCITS pour les investisseurs européens
- Compatibilité avec le PEA ou l’assurance vie selon vos besoins en fiscalité
- Diversification suffisante : l’ETF doit couvrir un univers large pour limiter le risque spécifique
Une attention particulière s’impose pour les ETF thématiques ou sectoriels : leur concentration peut amplifier la volatilité et les pertes potentielles. Pour générer des revenus passifs sans mauvaises surprises, passez au crible la politique de distribution des dividendes, la capacité du fonds à coller à la performance de son indice et les modalités de sortie.
À mesure que les ETF séduisent de nouveaux investisseurs, leur univers s’enrichit, mais les règles du jeu demeurent : prudence, choix éclairé, et lucidité face aux promesses de simplicité. Les marchés n’offrent jamais de certitudes absolues, seulement des opportunités à saisir, et des risques à apprivoiser.


