Changements prévus pour le chômage en 2026

Réduire de trois mois la durée maximale d’indemnisation. C’est la réalité que le gouvernement imposera dès le 1er janvier 2026 : les demandeurs d’emploi concernés devront composer avec 15 mois d’allocations, là où 18 mois étaient jusque-là possibles. Dans le même élan, le seuil pour ouvrir des droits sera relevé à 9 mois travaillés sur les 24 derniers. Derrière ces changements, toute la mécanique de l’assurance chômage s’apprête à être revue : les employeurs verront de nouveaux taux de cotisation et un bonus-malus élargi frapper plus de secteurs. Le calcul du salaire journalier de référence va, lui aussi, être ajusté, ce qui influencera directement le montant versé à chaque allocataire. Enfin, la disparition de certaines dérogations régionales uniformisera les règles sur tout le territoire : plus question de critère géographique pour accéder à l’assurance chômage.

Ce qui va changer dans l’assurance chômage au 1er janvier 2026

La réforme de l’assurance chômage de 2026 va nettement redistribuer les cartes. Les changements attendus touchent à la fois les demandeurs d’emploi et les employeurs. L’annonce la plus significative : la durée maximale d’indemnisation sera ramenée à 15 mois pour une grande partie des allocataires. Autrement dit, les personnes en recherche active devront accélérer leur retour à l’emploi, sous peine de voir l’allocation s’arrêter plus tôt.

Une autre modification de taille concerne l’accès aux droit aux allocations chômage. Désormais, il faudra avoir travaillé au moins 9 mois sur les 24 derniers, contre 6 mois jusqu’à présent. Cette exigence supplémentaire va écarter de nombreux nouveaux inscrits chaque année, recentrant le régime d’assurance chômage sur ceux qui justifient d’une expérience récente et conséquente.

Du côté des entreprises, le dispositif bonus-malus sera élargi à de nouveaux secteurs. Cela signifie que davantage d’employeurs devront ajuster leurs pratiques, sous peine de voir leur cotisations assurance chômage augmenter. Les taux changeront, et chaque acteur sera appelé à participer à cet effort de limitation de la précarité.

En parallèle, la suppression de certaines dérogations régionales va rendre le droit à l’allocation de retour à l’emploi identique partout. Plus de spécificités locales : la convention assurance chômage sera désormais la même pour tous, ce qui simplifiera la gestion des dossiers et garantira une égalité de traitement entre les demandeurs d’emploi, quel que soit leur lieu de résidence.

Quels impacts pour les salariés et les employeurs ?

La nouvelle assurance chômage impose des règles plus strictes. Pour les salariés, la réduction de la période d’indemnisation bouleverse les perspectives : moins de temps pour retrouver un poste, pression accrue sur la rapidité de la recherche, notamment pour ceux qui enchaînent missions courtes et contrats précaires. Avec la nécessité de justifier neuf mois d’activité sur deux ans, l’accès au droit au chômage devient plus sélectif, laissant certains profils sur le carreau.

Les jeunes en début de carrière seront particulièrement touchés par ce nouveau filtre. La santé sociale ne pourra plus jouer le même rôle d’amortisseur. Du côté du salaire brut, l’impact reste limité, mais l’obligation de sécuriser rapidement un contrat de travail stable s’impose avec plus de vigueur. Pour nombre de demandeurs, le recours aux aides à l’insertion deviendra un passage obligé.

Du point de vue des employeurs, l’extension du dispositif bonus-malus vient compliquer la gestion des ressources humaines. Les secteurs nouvellement concernés devront revoir leur politique d’utilisation des contrats courts : trop de CDD ou d’intérim, et le taux de cotisations grimpe. Les services paie devront s’adapter, recalculer les contributions à chaque mouvement de personnel, sous le regard attentif de l’URSSAF. Les grandes structures sauront s’ajuster, mais les PME, elles, devront composer avec des marges de manœuvre limitées face au plafond de la sécu et aux nouvelles exigences réglementaires.

Femme devant une agence d

Vers de nouvelles réformes : ce que l’on peut anticiper pour les années à venir

Le projet de loi porté par le gouvernement ne s’arrêtera pas à cette étape. Déjà, l’exécutif prépare la suite : un durcissement progressif du régime d’indemnisation est dans les cartons. La transposition des accords nationaux interprofessionnels, bien qu’à peine visible du grand public, offre un levier pour adapter rapidement les règles sans attendre la prochaine convention. L’État garde la main pour accélérer les ajustements.

Face à la pression budgétaire et à l’objectif affiché d’un retour plus rapide à l’emploi, plusieurs pistes sont étudiées. Cela pourrait passer par une durée d’activité encore allongée pour ouvrir droit à une allocation, un bonus-malus affiné selon les branches, ou même un accès à l’allocation de retour à l’emploi conditionné à l’acceptation de formations ou à la mobilité professionnelle.

Voici les scénarios actuellement envisagés :

  • Adapter automatiquement les droits aux allocations chômage selon le taux de chômage national.
  • Renforcer le suivi des demandeurs d’emploi de longue durée, avec des offres d’emploi obligatoires plus larges à accepter.
  • Mettre en place des incitations fiscales spécifiques pour encourager la création d’entreprise chez les bénéficiaires de l’allocation chômage.

La future loi portant transposition pourrait offrir plus de souplesse. Les partenaires sociaux tentent de préserver l’équilibre entre incitations à embaucher et protection des parcours professionnels. Le premier ministre affiche sa volonté : réduire la dépendance à l’allocation, encourager le retour à l’activité. Les tractations s’annoncent serrées, chaque évolution redessinant le paysage du droit au chômage. Le visage de l’assurance chômage n’a pas fini de changer. Qui saura s’y adapter le plus vite ?

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