En 2022, plus de 60 % des investisseurs particuliers français ont privilégié l’achat d’actions plutôt que l’investissement en devises, malgré une volatilité accrue sur les marchés boursiers. La réglementation MiFID II impose une transparence accrue sur les frais liés à chaque type de transaction, mais les écarts de coûts restent importants selon les produits et les intermédiaires. Certains fonds de pension nord-américains combinent désormais les deux stratégies pour diversifier leurs expositions, contournant ainsi les limites traditionnelles de gestion du risque. Les approches évoluent, les performances diffèrent, et les arbitrages se multiplient.
Actions et devises : deux univers d’investissement à explorer
Le marché des actions et l’univers du forex dessinent deux terrains de jeu bien distincts pour les investisseurs. D’un côté, ceux qui misent sur les entreprises et la dynamique boursière : Apple, Amazon, LVMH, Nvidia, ces géants qui font la pluie et le beau temps sur le Nasdaq ou le S&P. De l’autre, les passionnés de devises, qui misent sur les fluctuations de l’euro-dollar américain (EUR/USD), du dollar américain face à l’euro ou à d’autres monnaies majeures, dans un forex où chaque décision surprise d’une banque centrale ou événement géopolitique peut faire chavirer les cours.
L’approche change radicalement selon la classe d’actifs. Acquérir des actions via un courtier ou une plateforme comme Interactive Brokers donne accès à la valorisation des sociétés, aux dividendes, à la croissance des secteurs et à la dynamique des marchés. Investir sur les devises, c’est chercher à tirer parti des mouvements parfois violents du marché forex. Ici, l’effet de levier fait partie du paysage et la volatilité est une composante permanente. Les investisseurs institutionnels naviguent sans cesse entre exposition aux indices boursiers américains et couverture via le forex.
Voici ce que chaque univers propose concrètement :
- Marché actions : accès à la croissance des entreprises, dividendes, ETF, indices boursiers.
- Forex : spéculation sur les parités, gestion du risque de change, effet de levier, liquidité extrême.
La France privilégie historiquement la bourse, mais l’essor du trading forex attire une génération nouvelle, avide de diversification et de flexibilité pour saisir les opportunités liées au dollar américain USD, notamment après les hausses de taux de la Fed. Les courtiers multiplient les offres hybrides, associant ETF, actions et accès direct au marché des devises, pour répondre à cette demande. Les stratégies s’entremêlent, les frontières s’estompent, chaque univers impose ses propres règles et ses aléas.
Quels sont les avantages et limites de chaque approche ?
Le trading actions repose sur des bases tangibles : croissance, versement de dividendes, diversification par secteur ou par zone géographique. Investir dans une entreprise, c’est miser sur sa capacité à créer de la valeur, soit en direct, soit via des ETF. Les solutions d’épargne comme le PEA ou l’assurance-vie offrent un cadre fiscal avantageux. Bien sûr, la volatilité est présente, mais elle se révèle souvent plus tempérée sur les grandes capitalisations, à l’exception de certains titres technologiques. La liquidité est au rendez-vous, avec cependant des horaires liés à l’ouverture des places financières.
Le marché forex séduit pour sa liquidité extrême et sa capacité à réagir en temps réel. Les investisseurs chevronnés utilisent l’effet de levier pour espérer de forts rendements, sachant que cela renforce aussi le risque de perte en capital. Le risque de change n’est jamais loin : une variation de l’EUR/USD peut bouleverser la performance d’un portefeuille en actions américaines. Les comptes multi-devises proposés par certains courtiers, dont Interactive Brokers, offrent davantage de flexibilité pour encaisser ces mouvements.
Pour mieux cerner les atouts et limites de chaque solution, voici les points clés à retenir :
- Actions : diversification, versement de dividendes, environnement fiscal attractif (PEA, assurance-vie), accès aux indices mondiaux, mais attention à la volatilité qui peut varier selon les secteurs.
- Forex : disponibilité continue 24h/24, effet de levier, liquidité exceptionnelle, possibilité de se protéger contre l’inflation ou les politiques monétaires, mais exposition accrue à la volatilité et nécessité d’une vigilance constante.
Le contexte monétaire influence chaque univers à sa manière. Décisions de la BCE ou de la Fed, variations de taux, flux de capitaux : tout cela résonne différemment sur les actions et sur les devises. Un relèvement des taux américains propulse le dollar américain USD et modifie la performance des portefeuilles en euros. Pour ceux qui souhaitent jouer sur les taux sans risquer la volatilité directe des devises, des ETF obligataires comme le Lyxor US Treasury ou le Lyxor ESG USD High Yield offrent des alternatives crédibles.
En fin de compte, tout dépend du profil de l’investisseur, de ses objectifs et de sa situation patrimoniale. Le choix n’est jamais neutre.
Performance, risques et cas concrets : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Regardez les chiffres en face : la performance des marchés actions a encore frappé fort en 2023, avec un Nasdaq qui s’est envolé de 43 %, tiré par des géants comme Nvidia, Apple et Amazon. Mais la volatilité ne disparaît jamais vraiment. La correction de début 2024, alimentée par des tensions sur l’inflation et la politique de la Fed, a rappelé que la bourse sait reprendre aussi vite qu’elle donne.
Pour les investisseurs exposés au dollar américain via les actions américaines, le risque de change joue un rôle clé dans le résultat final. Quand l’euro baisse face au dollar, le rendement grimpe pour un Européen, mais tout peut s’inverser si la devise européenne repart à la hausse. En 2022, la chute de l’euro face au dollar a permis d’amortir les pertes des portefeuilles européens sur les actions US. Depuis, la volatilité des monnaies a souvent pesé autant, voire plus, que les variations des indices boursiers eux-mêmes.
Cas concrets : diversification et gestion des risques
Quelques situations réelles permettent de mieux comprendre les enjeux :
- Un investisseur français, qui détient des titres Apple ou Amazon via Euronext ou Interactive Brokers, doit garder un œil attentif sur la paire EUR/USD. Diversifier à l’étranger, c’est ouvrir la porte au potentiel, mais aussi aux variations de change plus marquées.
- Sur le marché forex, un trading actif sur la paire euro/dollar peut générer des gains rapides, à condition d’accepter une volatilité élevée et le risque de pertes immédiates. Le segment des crypto-monnaies, avec le bitcoin en vedette, ajoute encore plus de complexité et de variations brutales.
Gérer la diversification, évaluer sa tolérance au risque, choisir le bon courtier, savoir encaisser les secousses : voilà ce qui fait la différence. Pour chaque univers, c’est la situation financière et les objectifs personnels qui fixent la marche à suivre.
Investir, ce n’est jamais un réflexe automatique. Entre actions et devises, la frontière est mouvante, et chaque choix embarque ses propres défis. La clé ? Rester lucide et agile, car le marché n’attend personne.


